Achat d’un nouvel avion présidentiel: Pointe Sarène stockée à Perpignan-Rivesalte depuis son dernier Check D

Ça grince les dents depuis l’annonce, ce matin, par le porte-parole du gouvernement, de l’achat d’un nouvel avion de commandement présidentiel. Il s’agit d’un A-320 NEO (neuf) qui sera réceptionné le 16 juillet 2021. La nouvelle a, sans surprise, suscité un tollé. D’aucuns estiment qu’aucune urgence ne saurait justifier cette onéreuse acquisition même si le gouvernement, qui préfère en taire le coût « pour des raisons de sécurité et de sûreté », pointe la vétusté de l’A-319 dénommé Pointe Sarène.
« Après deux décennies d’opérations, l’A-319 (Pointe Sarène, Ndlr), est devenu vétuste, nécessitant de fréquentes et onéreuses visites techniques, et par conséquent de longues périodes d’immobilisation et des dépenses de location d’aéronefs pour assurer les missions présidentielles », a indiqué le porte-parole du gouvernement, Oumar Guèye, ce lundi.
Acheté et réfectionné en Novembre 2010, l’airbus présidentiel avait, comme titrait Le Quotidien à l’époque, fait « un trou d’air de 39 milliards » dans les finances publiques. En effet, acheté à l’ancien président français Nicolas Sarkozy pour 21 milliards de francs CFA (32 millions d’euros), l’avion avait été rénové pour ne pas dire qu’il avait subi un ‘’tuning’’ à hauteur de 18 milliards (27 millions d’euros).
Mais ces derniers temps, la Pointe Sarène qui vient de boucler près de 20 ans d’opérations (l’airbus est entré en service en avril 2002), a du plomb dans les ailes. D’ailleurs, l’avion qui, d’après une source, a quitté les tarmacs des aéroports Léopold Sédar Senghor et Blaise Diagne de Diass depuis près de 5 mois pour un Check D (l’avion subi une mise à nu intégrale, une opération qui dure 3 mois) encore appelé « Heavy Maintenance Visit » dans le jargon aéronautique, pour ses 19,5 ans. Il est depuis lors ‘’stoké’’ à Perpignan Rivesaltes chez Airbus.
En attendant de trouver un acheteur, le gouvernement du Sénégal a préféré acheter un nouvel avion de commandement présidentiel. Une option très critiquée du fait du contexte de crise économique qui a d’ailleurs poussé le président Macky Sall à plaider pour l’annulation de la dette.

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