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Chronique de Ibn Bachir : Doomú Ndiaffate (Post 2)


La solidarité ndiaffatoise
La solidarité étant une charité ; la générosité entre les membres d’une communauté, l’Amicale des Etudiants Ressortissants de la Commune de Ndiaffate temoigne sa solidarité à Doomú Ndiaffate. Ce brillant étudiant, en Master II de Droit à la faculté des sciences juridiques, qui a perdu tous ses matériels : ordinateur, téléphone portable, clef USB, etc. dans le cambriolage de sa chambre sise au quartier Fass Dolorme. Situation très critique, parce qu’il devait déposer son mémoire pour qu’on lui programme sa soutenance. Face à sa mésaventure, la Faculté lui a fait une dérogation pour qu’il puisse reprendre son travail. Ce qui n’est pas du tout facile.
Abattu, déçu et secoué par les intempéries et aléas de la vie universitaire, il reçoit l’assistance morale et financière de ses camarades étudiants.

Ainsi, fondée pour le bien-être des étudiants ndiaffatois partout où ils puissent être dans nos universités publiques, unis par les liens du sang ou de parenté, d’affiliation (amis, compatriotes, collègues, membres d’une amicale, d’une confrérie, d’une commune), tous les fils de Ndiaffate, étudiants, ouvriers, autorités politiques, religieuses, entre autres, lui ont apporté leur soutien, soit moral, soit financier. Les bonnes volontés n’ont pas attendu trop pour réagir. Ils ont fait preuve de solidarité en l’accompagnant dans la réalisation de son travail scientifique qui demande beaucoup d’énergie, à plus forte raison que le travail a été déjà fait. Se répéter n’est pas toujours facile, surtout s’il s’agit de centaines pages. C’est pendant ces moments que nous avons besoin de soutien pour retrouver nos forces, nous relever et poursuivre notre chemin, celui de la gloire.

Si la solidarité est un humanisme contre les agressions, les oppressions ou la vengeance, le secours, l’entre-aide et la coopération, elle est aussi obligation de faire cause commune, d’agir dans l’intérêt général du groupe. Et ceci les Ndiaffatois l’ont compris très tôt. C’est pourquoi à chaque fois qu’un des leurs soit dans le besoin, ils viennent l’assister. Cette solidarité ndiaffatoise ne date pas d’aujourd’hui.

Se sentir solidaire, c’est d’abord aimer son prochain et accepter de l’aider. La solidarité est utile à la société, car elle rend la société plus équilibrée et séreine. Elle est aussi bénéfique à l’individu dans sa vie quotidienne. Ainsi, Doomú Ndiaffate ne dira pas le contraire. En effet, sans le soutien de ses camarades, aînés, des autorités de sa commune, et même en dehors de Ndiaffate, il risquait gros. Trouver une enveloppe de cinq cent mille francs CFA pour qu’il  puisse se payer un ordinateur et acheter des documents, etc.
Heureusement, leur soutien devant sa situation de détresse, lui apporte de l’aide, le réconforte, l’encourage. A Ndiaffate, la population a compris que la vie est beaucoup plus simple, lorsque tout le monde peut s’aimer et être frères. Car, nous avons tous besoin de quelqu’un dans notre vie, et cela dès notre naissance. Il est à noter que nous venons au monde dans les bras des gens et nous en partons. Il est donc indispensable que les hommes s’aiment entre eux et s’entraident. Cependant, aimer son prochain, c’est le considérer comme son semblable, l’aider dans la mesure de ses moyens, partager avec lui pour qu’il ait les moyens de bien vivre sa vie et de réussir le but de la vie. A Ndiaffate, la solidarité fonde une société stable et équitable. Les habitants s’unissent autour de l’essentiel afin de s’offrir le confort.
Ndiaffate est un véritable « Havre de paix ». Et le secret demeure la recherche du bien commun permettant de limiter les trop fortes inégalités sociales. Les ressources de la société sont partagées de façon équitable. Cela évite ainsi les frustrations, les colères et les révoltes de certains. Aucun individu n’est laissé de côté ou désavantagé de façon injuste. Le mérite et l’équité sont socles de cette société enviable. Car, les habitants de cette contrée de la région de Kaolack montrent que la solidarité n’empêche pas la réussite individuelle. Chacun reste libre d’entreprendre et est encouragé à le faire.

« Mais vivre dans l’aisance ne doit pas faire oublier ses semblables ; vouloir réussir aussi ne doit pas nous pousser à nous désolidariser », se disent-ils. C’est même dans l’intérêt de chacun de ne pas susciter la jalousie et la convoitise des autres. Car, des individus frustrés peuvent représenter une menace pour la société : ils peuvent se rebeller, voler ou chercher à détruire. Le bien individuel ne peut s’obtenir qu’en recherchant le bien de tous. Même nos leaders locaux participent à la mise en œuvre de cette solidarité à la nôtre. A cet effet, ils ont su distinguer le temps de faire de la politique et celui du travail. Du coup, au lendemain des élections, ils se réunissent autour de plateformes, d’organismes, d’associations, de coalitions, rien que pour soutenir ceux qui sont élus afin qu’ils réussissent leur mission pour le bien de toute la population. Ils ne s’opposent pas pour s’opposer.
La solidarité en politique est basée sur l’entraide entre politiques ; s’entraider, c’est apporter de l’aide et recevoir quelque chose en retour qui peut être une autre aide ou ne serait-ce que de la reconnaissance. Donc, chacun est gagnant. Si la politique, au vrai sens du terme, est la bonne gestion des affaires de la cité, la solidarité politique des leaders ndiaffatois a permis d’établir un mécanisme pour protéger nos responsables politiques contre les dérives politiques politiciennes : soutenir les personnes en difficulté et répartir les ressources.
Cultiver cette solidarité est dans l’intérêt de tout un chacun. Parce que se solidariser avec les autres peut contribuer à sa sécurité. En effet, quand certains n’ont pas les moyens de vivre décemment, ils peuvent devenir amers, furieux, voire malveillants. Ils pourraient chercher à obtenir de force ce qu’ils n’ont pas et menacer votre situation. Il vaut donc mieux partager suffisamment pour ne pas subir l’hostilité des moins riches. Voilà ce qui explique la cohésion, l’amour, la fraternité des Doomú Ndiaffate.

Cette forme de solidarité est une vraie leçon d’humanisme. Force est de constater qu’à Ndiaffate, si la solidarité est un humanisme, la reconnaissance est une valeur qui nous fait des redevables envers la ou (les) personne (s), grâce à qui nous avons réussi, reçu un bienfait. C’est à Ndiaffate que j’ai compris que « la solidarité est ennemie de la pauvreté, de la détresse, mais elle est surtout garante d’une cohésion et stabilité sociale ».

Chroniqueur : Ibn Bachir NDAO, Professeur de Lettres Modernes au Lycée Vélingara Ferlo.

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